A PROPOS DE ROUAUD (JEAN)
Je commence le livre que Sylvie FREYERMUTH1 consacre à l'oeuvre de Jean ROUAUD. C'est un travail comparable à celui qu'a mené jadis G.GENETTE à propos de PROUST, comme l'ensemble des romans de Jean ROUAUD compose une Recherche de soi-même et du temps perdu. Sylvie trace des allées dans ce parc immense - près de treize cents pages – y découpe des îlots, afin d'aider et l'oeil et la mémoire.
Au fait, savez-vous qui est Jean ROUAUD ? Je vous parle là d'un temps que les moins de vingt-cinq ans ne connaissent sûrement pas. En 1990, le prix Goncourt est attribué à une production des éditions de Minuit – le lauréat ne peut pas être Galligrasseuil tous les ans – intitulé Les Champs d'honneur. On découvre avec sympathie la bobine de son auteur, un jeune homme qui vend des billets de loterie dans une guérite à la sortie du métro.
Cette distinction, si elle améliore son ordinaire, ne change pas les habitudes de Jean, qui continue d'écrire la recherche d'une identité, laquelle peu à peu se mue, comme celle de Marcel, en un dialogue qu'il pourrait appeler L'écriture et moi. Des hommes illustres paraît en 1993, Le monde à peu près, encore trois ans plus tard. Pour vos cadeaux (1998), c'est le roman de la mère, comme les précédents étaient respectivement roman du père et roman du fils. Sur la scène comme au ciel (1999) est déjà un livre sur l'écriture, sur le parcours littéraire, ce que sera absolument en 2004 L'invention de l'auteur, gros livre de 323 pages.
Pour vous mettre en appétit, et pour choisir votre côté, côté de Guermantes (côté critique) ou côté de Méséglise (côté lecteur) lisez ci-contre une page de l'une et une page de l'autre !
1Jean ROUAUD et le périple initiatique, une poétique de la fluidité, L'Harmattan (critiques littéraires) 2006.