Samedi 9 février 2008

 

Le 8 février, Yvon HOUSSAIS et Bruno CURATOLO réunissaient les meilleurs spécialistes du genre pour une journée d'études à l'Université de Franche Comté – rue Mégevand à Besançon.

René GODENNE, belge comme l'indiquent ses initiales, et que d'aucuns appellent le « pape de la nouvelle » ouvrit la séance (après la bienvenue de B. Curatolo, Directeur du centre Archives, Textes et Sciences des textes) par un inventaire de la nouvelle dans le premier XX ème siècle. Il rappela notamment que dans ces temps lointains, trois auteurs de nouvelles avaient reçu le Goncourt.

La nouvelle moderne est souvent décrite comme un récit « où il ne se passe rien ». Michel VIEGNES (Université de Fribourg) en donna une explication basée sur trois exemples, des textes de Tchekhov, Hemingway et Julien Gracq. Pour lui, ce refus de considérer l'événement et de lui donner un sens est une conséquence de la guerre 1914-18 (au XIX ème siècle, le désenchantement post-impérial avait produit un essor comparable, mais caractérisé par une fuite dans le fantastique).

Le charme méditerranéen d'Azza BEN YOUSSEF, de l'Université de Sousse, s'est mis au service de Paul Morand, auteur exilé et oublié, mais qui consacra une part majeure de son activité à la nouvelle et y connut la célébrité. Elle montra comment, dans les années 192*, l'auteur de Ouvert la nuit  inventa un style apte à décrire l'urgence d'une vie... nouvelle.

Le charme parisien, en la personne de Sandrinelle BEDRANE (Paris III Sorbonne nouvelle ) est à l'inverse tourné vers l'avenir du genre. Le succès du semi-poche paraît favorable à l'édition ou à la réédition de nouvelles. Mais est-ce une bonne chose que d'appeler du même terme tout texte bref ? Sabrinelle ne le pense pas.

Yvon HOUSSAIS, lui, a étudié l'accueil fait au genre dans la fameuse revue Europe. Il note non une hostilité mais plutôt une indifférence vis-à-vis des nouvelles publiées ou commentées. Europe s'attache surtout à une vision du monde, à une attitude empathique et humaniste, mais partage l'indifférence du public vis-à-vis de la nouvelle.

Trois études concernent la période 1930-1945 : celle de Bruno CURATOLO nous rappelle la personnalité d'Henri Calet (mais nous avions relu La Belle Lurette avant de venir !) Il se dégage des chroniques intitulées Trente et Quarante (Mercure de France) une forme d'humour sympathique et pathétique. Eric VAUTHIER (Toulouse II Le Mirail) étudie un mouvement un peu oublié, le Nouveau Romantisme, dans les textes de Francis de Miomandre et de Jean Cassou. Quant à Cyril PIROUX, doctorant de l'Université locale, il s'interroge sur Mes Amis, d'Emmanuel Bove : recueil de nouvelles ? Ébauche ou apprentissage du roman ?

J'ai gardé pour la fin la communication, elle aussi très intéressante, de Jean François LOUETTE (Paris IV Sorbonne). L'Enfance d'un chef provient bien d'un recueil de nouvelles (on s'étonne au passage que J.P Sartre n'ait produit dans le genre que Le Mur). J. F Louette montre que Sartre y parodie le roman initiatique, façon Goethe. Mais il n'avait pas assez de sympathie envers son héros fascisant pour demeurer avec lui plus de cent pages!

Frustrant, ce résumé ? Sans doute, mais on espère bientôt les actes, en ligne ou imprimés.

FLG

 

par FRANS publié dans : Rencontres
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